Patagonie, carnet pratique

Avant de partir, nous avons recherché pendant des heures des informations sur les pays, sur comment se préparer, sur l’eu et la nourriture. Alors nous mettons à disposition ici un condensé qui servira, on l’espère, aux futurs cyclo voyageurs. Voici donc nos bonnes expériences et nos petits désagréments au bout de 8 semaines de voyage sur les pistes chaotiques de Bolivie (et des parcs du Nord du Chili). Ce ne sont que des retours d’expérience, qui ne représentent qu’un avis, et rien ne garanti évidement que tout se passera de la même manière pour tout le monde. Et heureusement. Cela laisse encore une place à l’inconnu, à l’aventure.

Un article similaire est disponible ici pour la Bolivie.

Visa / frontière

Pas de visa à prendre à l’avance pour les ressortissants français qui vont en Argentine ou au Chili. Vous aurez un visa touristique de 90 jours en arrivant sur place. Le compteur repasse a zéro à chaque fois que vous sortez du pays, donc si vous alternez entre Chili et Argentine (ce qui est un peu obligatoire ici en Patagonie), vous pourrez rester indéfiniment, par période de 90 jours max par pays.

Chaque fois que vous entrez au Chili, les douaniers vous ferons remplir un papier comme quoi vous n’avez pas de produit frais dans vos sacoches : pas de fruits, de légumes, de fruits secs, de miel, … mais sont autorisés les barres de céréales, les conserves, les biscuits, les céréales et avoine, … le contrôle est souvent très très sommaire pour les cyclos (peut être un peu plus tolérant ?), mais une fois ils nous font passer toutes les sacoches dans la machine à rayons X. C’est un point important à prendre en compte pour les ravitaillements.

Logements

On trouve assez facilement des hospedajes, de tous les niveaux de gamme. Au Chili il faut compter 8000 chilenos (10€) par personne pour les moins chères (dortoir et sdb commune). Et en Argentine 400 pesos (10€). Certaines disposent d’une pièce commune, d’une zone cuisine.

Pour les campings, il n’y en a pas de partout (par ex, pas de vrai camping a Rio Grande, ni à Punta Arenas). Mais certaines personnes ont une hospedaje et peuvent accueillir quelques tentes dans leur jardin. Compter environ 5-6 € par personne.

Si vous n’avez pas trop d’exigences, il n’est pas nécessaire de réserver a l’avance, même en pleine saison (sauf pour Torres del Paine, voir rubrique spécifique).

Nourriture

Rien de bien folichon à manger par ici. Des completos (sandwich avec de l’avocat), des empanadas (beignet salé aux légumes ou à la viande), des sopapillas (beignet sucré).

Sinon, a faire soi même pour les bivouacs ou pic nique, on trouve dans les tiendas / almacen / supermercado : avoine, thon, tomate, mais, lentille, jambon, pâtes, riz, semoule, sauce tomate, mayo, biscuit.

Eau

L’eau du robinet au Chili est potable. L’eau des rivières ou lacs l’est aussi en général, même si il faudra s’assurer qu’il n’y a pas de pollution probable par des animaux. Certaines zones peuvent être polluées par les mines environnantes (mais pas trop en Patagonie). Par contre, l’eau en Terre de Feu (l’extrême sud de la Patagonie) est à priori non potable à cause des castors qui ont été réintroduits ici et qui pullulent..

Transport des vélos dans un bus

La plupart des compagnies acceptent les vélos dans les soutes des bus. Il faudra juste payer un supplément, des fois en achetant le billet, et des fois en payant en liquide directement au chauffeur (dans ce cas là, on peut parfois négocier le prix). Pas de règle très précise pour le prix, mais c’est entre 10€ et 15€ par vélo pour un trajet de quelques heures ou de 24 h (San Pedro de Atacama – Valparaiso). Il est raisonnable d’arriver 30 minutes avant le départ, et de ne pas brusquer le chauffeur si au début il vous dit que ce n’est pas possible. Nous avons toujours pu au final prendre le bus !

Le mieux est de baisser la selle au maxi, enlever la roue avant, et tourner le guidon (si vous avez un porte-bagage avant ou un garde-boue avant). Vous pourrez alors les mettre verticalement et cote à cote sans qu’ils ne prennent trop de place.

Carratera Austral

Il s’agit de la route / piste qui relie Puerto Montt a Villa O’Higgins, sur environ 1300 kms. La partie nord est presque entièrement asphaltée, alors que c’est presque que du ripio à partir de Coyhaique. Il peut y avoir de bonnes côtes par endroit, mais globalement c’est juste vallonné.

Pas trop de soucis pour trouver de l’eau, il y a beaucoup de rivières qui coulent directement des glaciers juste au-dessus. Par contre pour poser sa tente, c’est pas toujours évident : il y a beaucoup de barbelés le long de la piste. On croise cependant des villages et/ou des campings. iOverlander sera très utile.

Quand nous y étions (décembre 2018), la météo n’était pas optimum. Les sommets étaient assez souvent dans les nuages, mais nous avons eu quand même de très belles journées. Pas de pluies, quelques fois des taons (très pénibles) et pas trop de vent. Mais je suppose que cela dépend vraiment de la saison, de l’année, …

La circulation sur cette route / piste est très réduite. Des fois 3-4 voitures dans la journée, des fois 1 toutes les 15-30 minutes.

Pour les points de ravitaillement possible, voir ici (onglet expemag Carratera Austral).

Au bout de la Carretera, a Villa OHiggins, il est possible (sinon il faut faire demi tour sur 200 kms au minimum) de passer en Argentine jusqu’a El Chalten. Il faut

  1. prendre un premier bateau (2 compagnies a OHiggins, compter dans les 32000 chilenos par personne, depart lundi – mercredi et samedi)
  2. passer l’immigration chilienne,
  3. 10 kms de piste,
  4. passage de la frontiere géographique,
  5. 6 kms de sentier (ou il faut parfois pousser les vélos),
  6. Passage de l’immigratin Argentine
  7. Prendre un 2 eme bateau pour traverser le lago del Desierto (?? pesos par personne on peut aussi payer en euros ou pesos, mais taux de change pas terrible)
  8. Finir par 30 kms de piste jusqu’à El Chalten

Une belle petite aventure.
Cartographie visible ici.
Plus de photos sur notre voyage sur la Carretera Austral : ici et ici.

El Chalten

La ville de El Chalten n’existe que depuis 1985 environ. Elle s’est entièrement construite autour du tourisme. On y trouve donc plein de restaurants, d’ hospedajes, de supermarkets et quelques campings.

Les 2 campings les moins chers que nous ayons vu sont le El Relincho et la Torcida. L’avantage du premier est qu’il est proche des commerces. Pour le 2ème, il est au tout début du sentier de rando pour le Cerro Torre, il y a un wifi (bon pour la région), et c’est un bon endroit pour croiser d’autres randonneurs et échanger des infos. Pour les 2 le prix était en dec 2018 de l’ordre de 200-230 pesos, soit env 5€ par personne.

Le parc du Fitz Roy est à accès gratuit (en tous cas en 2018), même si pour certaines randos il faut se signaler aux gardes du parc. Les campings du parc sont eux aussi gratuits. Ce qui fait une énorme différence avec Torres del Paine.

Les belles randos que nous avons faites :

  1. lago de los Tres, avec vue imprenable sur le Fitz Roy. C’est faisable a la journée, ou en dormant au camp Poincenot et en se levant pour aller voir les couleurs du lever de soleil (mieux que le coucher de soleil).
  2. Lago Torre, avec vue sur le Cerro Torre. Faisable a la journée, avec plusieurs points de vue tout le long de la ballade.
  3. Vuela al Huemul. Trek de 4 jours, avec 6-7 h de marche par jour, et 2 tyroliennes (jour 2 et jour 4). Possibilité de louer un harnais pour 200 pesos par jour dans plusieurs magasins a El Chalten. Au début du trek, vous passerez forcément par la maison des gardes qui vérifieront que vous avez bien les harnais, un réchaud et la carte du coin. Magnifique, varié, mais quand même exigeant. Il peut y avoir énormément de vent au Paso del Viento, ce qui peut compromettre votre bouclage et vous contraindre a faire demi-tour…
  • Cartographie gps visible ici.
  • Des photos ici.
  • Torres del Paine

    Circuit en O : se fait normalement en 8-10 jours. Le sens obligatoire est le sens anti-horaire. Il est possible d’écourter et de ne pas boucler complètement (circuit en U), mais cela rajoute un retour en bateau un peu cher (20$ pour 30 min).

    Circuit W : peut se faire de droite à gauche ou de gauche à droite. Compter 3-4 jours.

    Pour se rendre au parc, il y a plein de compagnies de bus qui partent a 7h de Puerto Natales, et qui s’arrêtent à Laguna Amarga, puis Pudeto, puis à Administration.

    Amarga : on vous demandera de descendre du bus pour acheter vos entrées au parc (25€ par personne) (les entrées sont à durée illimitée, tant que vous ne ressortez pas du parc. Si vous ressortez, vous pourrez a nouveau y rentrer 2 fois. Ici, vous pourrez prendre la navette (3€) pour aller au point de départ du O ou du W (sens droite-gauche) a 7 kms de là.

    Pudeto : départ du bateau pour aller au départ du W (sens gauche-droite). 2 ou 3 départ par jour, mais parfois doublé s’il y a du monde. 20 us$ ou 15 000 chilenos payable en liquide uniquement.

    Administration : permet de rallonger l’accès au W et d’éviter le bateau.

    C’est plutôt la galère à organiser depuis quelques années. Pour limiter l’affluence (c’est ce qui est dit officiellement), les réservations dans tous les campings du parcs sont obligatoires. La difficulté vient du fait qu’il y a 3 organismes différents qui gèrent les différents campings : Conaf, Vertice et Fantastico Sur. Et il vous faudra très probablement des réservations auprès des 3.

    On vous conseille de faire d’abord les réservations dans les campings gratuits de la Conaf, sachant qu’ils sont pris d’assaut parfois 3 mois a l’avance… et qu’il faut d’abord payer pour les entrées au parc avant de pouvoir réserver les campings… Ensuite vous réservez ceux de Vertice et Fantastico Sur. Les réservations se font sur leur site internet, pas facile de comprendre les différentes options. Certains campings sont peu cher (8 €), d’autres plus (18€), et d’autres hors de prix car ils obligent a prendre la demi-pension (100€ ou plus…).

    Sachez enfin qu’a priori il y a un certain nombre de place qui ne sont réservables qu’ à Puerto Natales. C’est ce que nous avons fait : c’était affiché complet sur internet, mais en allant a l’agence tôt le matin, nous avons eu 2 nuits au camping de Paine Grande et une nuit a Central pour le lendemain et les jours suivants.

    Y aller sans aucune réservation ? C’est faisable, mais attendez vous à jouer au chat et à la souris au niveau des points de contrôle, et lorsqu’ils rabattent les gens quand ils « ferment » les sentiers. Aucun contrôle sur les tickets d’entrée au parc, mais par contre, à plusieurs endroits, ils pourront vous bloquer si vous n’avez pas le papier de réservation pour les campings suivants… idem pour faire du camping sauvage, vous devrez déjouer les pièges….. on a croisé des jeunes qui avaient fait le circuit en U en 3 jours sans rien réserver (mais ils ont du payer pour une des nuits sur place).

    Des photos ici.

    Terre de feu

    Cette ile de l’extrême sud du continent américain appartient en partie au Chili et en partie a l’Argentine. Les 2/3 nord sont essentiellement de la pampa, donc pas énormément de choses a voir, et très souvent du vent (dominante Ouest et Nord-ouest)… Puis quand on se rapproche de Ushuaïa (un peu avant Tolhuin), il y a quelques forêts , des lacs, des rivières, des montagnes, et les vents sont moins violents.

    Le long de la route dans la pampa, il y a de nombreuses estancias, qui peuvent vous ravitailler en eau (qu’il vaut mieux filtrer), et éventuellement vous proposer un bout de terrain pour monter la tente. Il n’y a quasiment pas de point d’eau naturel dans la partie pampa.

    Pour se ravitailler en nourriture, il y a peu d’endroits. San Sebastian (coté Chili) : une micro tienda / resto. A Rio Grande : tout ce que vous voulez, c’est une grosse ville industrielle. Tolhuin : petites superettes, et une Exxxcellllente boulangerie. Ushuaïa. Et peut être un peu a Porvenir.

    Pour poser la tente, les quelques points possibles sont répertoriés sur iOverlander. A noter que les zones de campings peuvent être très animées les soirs de week-end (musique a fond jusqu’a 4-5 h du matin).

    Des photos ici.