Parcs du nord Chili, et salars

Nous sommes passés temporairement au Chili afin de découvrir plusieurs parcs (Lauca, Vicunas et Isluga) qui se succèdent. Et pour cela, nous avons dû passer la frontière à 4600m après une montée plutôt interminable avec le vent de face…

Couché de soleil illuminant les nuages menaçants au dessus du Parinacota

Nous avions lu des commentaires sur internet comme quoi les douaniers étaient très pointilleux sur le passage de la nourriture (produits frais et secs). Du coup, on avait échafaudé un plan pour planquer nos petits trésors : cannelle, champignons déshydratés de Belledonne de Mathis, huile d’olive…. mais en fait, ça a été « galette ». Ils nous ont tout laissé sauf un pot de miel… faut dire qu’on est passé au moment où ils étaient tous scotchés devant un épisode d’une série Netflix…

Bon, comme on pensait ne pas pouvoir passer de nourriture, on avait épuisé nos réserves. Donc pour refaire le plein, voilà Manu qui se fait un aller/ retour en camion-stop à la « ville » la plus proche (Putre ) à 1h30 de camion. Fanny et Mathilde tentent de reprendre des forces pour la suite, qui nous le savons, va être plus rude… Mais ça ne va pas trop porter ses fruits puisque nous dormons deux nuits de suite à 4500m et nous sentons que nos corps ne récupèrent pas si bien… Heureusement, le paysage en vaut la chandelle, nous sommes au pied du volcan Parinacota, entourées de vigognes, flamants roses et nos premières autruches.

Le parc de Lauca

Nous passons un col à 4700m, très (trop) sablonneux où nous découvrons la joie du poussage de vélos bien chargés, car nous partons avec 9 jours de nourriture. On a voulu couper au plus court…. But we did it… et après la montée, et bien ça descend, et même beaucoup, ce qui nous permet de dormir moins haut, ce qui fait du bien à nos petits corps.

Le paysage alterne entre vallées bien vertes où coulent une rivière et où paissent lamas, vigognes et alpagas, et des zones beaucoup plus minérales avec des strates de couleurs étonnantes. Le tout surplombé par des volcans dont certains laissent échapper des petites colonnes de fumée.

Et nous roulons alors en direction de notre premier Salar qui porte un joli nom : le Salar de Surire.

Il est exploité pour son borax, qui sert à la fabrication des vitres et de la céramique, comme nous l’expliquera un chauffeur de camion. Et nous en croiserons un certain nombre, mais tous bienveillants et courtois. Nous avons le droit à des « holà » de la main et des pouces levés.

Les camions qui ramènent le borax . Un tous les 5-10 minutes le premier jour, et aucun le 2ème jour.

Le 2ème jour, on ne sait pas pourquoi, mais la route est déserte; nous ne croiserons aucun poids lourd, ce qui n’est pas désagréable.

Le parc des Vicunas

La vue sur ce Salar est sublime, comme sur les photos que nous avions vues… le vent en plus. Généralement, il se lève vers 15h, alors on s’est adapté et notre journée de pédalage s’arrête à 15h !!! Sauf si un jour on a la chance d’avoir le vent dans le dos… mais pour l’instant ce n’est pas le cas.

Les abords du Salar de Surire

On trouve un coin de bivouac de rêve pour admirer ce Salar, avec terrasse, table en pierre, et banc, eau à volonté et des hôtes de marque : des viscachas, ce sont les marmottes de l’Amérique du sud. Trop mignon comme dirait Fanny…

Après avoir contourné le Salar (faute de pouvoir y rouler car il est privé) nous quittons cette étendue toute blanche pour passer un col où nous avons l’impression d’arriver sur la planète Mars. Nous sommes (toujours) seuls, et le paysage est tout rouge, le tout à 4800m. En redescendant un peu, nous croisons de petites forêts de cuenas, des arbres qui vivent à cette altitude. Ces arbres sont désormais protégés car ils sont devenus très rares. Ils ont été abattus en très grande quantité pour fournir du charbon au train qui reliait le Chili à la Bolivie. Ils ne dépassent pas les 3/4 m, et il faut tout de même rappeler qu’ils poussent à la même altitude que le sommet de notre Mt Blanc……

Après le col, une longue descente jusque dans la plaine.

Pour la première fois, nous sommes un peu juste en eau et le prochain ravitaillement potentiel (car rien n’est sûr) est encore à 10 km, avec un vent de face qui sévit, et une journée bien physique dans les guiboles… Et là, alors que nous calculons si ce qui nous reste en eau est suffisant pour tenir jusqu’au lendemain, nous apercevons un nuage de poussière. C’est un 4X4, le seul que nous croiserons de la journée… il s’arrête, et à bord 2 français et leur guide, qui hallucinent de voir notre petite famille ici. Ils nous proposent 2 litres d’eau que nous acceptons volontiers : à nous la soupe ET les pâtes ce soir, youhouhou!!!!

Le parc d’Isluga

Le lendemain, nous entrons dans le pac d’Isluga, nous retrouvons un peu de verdure. Ça fait du bien de retrouver de l’eau et de l’herbe. Nous profiterons même d’un bassin thermal pour nous tout seul, où nous nous délassons dans un cadre idyllique…

Bassin alimenté par une source d’eau chaude. Le paradis après une journée de vélo.

Dernier jour au Chili avant de basculer sur la Bolivie, normalement nous allons traverser Colchane, qui est censée être une ville…. nous rêvons déjà de fruits et légumes, d’un bon resto , de connexion internet…. mais Colchane restera un mystère, nous ne l’avons pas vu…. Du coup grosse déception. Mais une fois passé le sentiment d’abattement pour les uns, de colère pour d’autres, nous trouvons un second souffle qui nous permettra (avec l’aide d’Eole…) de faire une étape monstre qui nous mènera à la prochaine ville, Sabaya. Et celle-là est bien là, en bas d’une descente jouissive sur de l’asphalte bien lisse …. Nous filons à plus de 50 km / h…

Message personnel pour Mi claire (la grand-mère de Fanny) : saute le paragraphe suivant, il ne te concerne pas.

Fanny, qui n’a pas de sacoche à l’avant pour stabiliser son vélo, s’en rappellera toute sa vie : une bourrasque de vent l’a déstabilisée, alors qu’elle filait, et il lui a fallu tout son sang froid et sa maîtrise pour éviter la chute…

Pour nous remettre de nos émotions, nous nous offrons un « hôtel luxueux » avec douche chauffée au gaz (ça sous-entend eau chaude à volonté !). Les têtes de lits sont typiques de Bolivie, Manu et Fanny veulent les mêmes lits quand ils reviendront en France….

Des têtes de lits comme on en rêve !

Bon, pour le bon resto et le wifi, il faudra encore patienter…. le seul resto est un boui-boui ne proposant que du « pollo con arroz i papas fritas », mais il fera notre affaire pour le midi et le soir, ça change du thon et des pâtes.

Le lendemain, journée courses en prévision de nos 8 jours d’autonomie jusqu’à Uyuni.

On fait avec ce qu’on trouve, c’est à dire pas grand chose…

Les Salars

Ah, les Salars… depuis le temps que nous regardons des photos de cyclo voyageurs rouler sur ces déserts blancs, ils sont là tout proche….

Prendre « pied » sur un Salar n’est pas forcément aisé. Alors que nous nous imaginons rouler sur une surface toute lisse et immaculée le vent dans le dos, nos premières impressions sont décevantes… Le début est maronnasse, humide, donc pas du tout roulant. On s’enfonce par endroit et on doit pousser nos vélos qui se couvrent de sel. « En plus la neige elle est toute molle », et dans l’après midi il fait trop chaud…

Bref, ce n’est pas ce que l’on imaginait.

Les formations sur le Salar ressemblent étrangement à ce que l’on retrouve sur la banquise…
On se protège comme on peut du soleil pendant la pause pic-nique.

Mais ces moments là font aussi parti du voyage, et pour l’instant le fait d’être trois nous permet de les surmonter. Dans le clan, il y en a toujours un qugarde le moral car il n’est pas affecté de la même façon. À tour de rôle, un bout-en-train apparaît et tire les autres en avant. Le soir, allongés dans nos duvet, le ventre plein de pâtes, on en rigole..

Une fois au milieu du Salar (celui de Coipasa ou celui de Uyuni), nous roulons enfin dans le paysage que nous avions imaginé : désert blanc et lisse à perte de vue, et ciel bleu. Nos roues progressent facilement sur des formes géométriques. Nous nous régalons.

Dès que nous trouvons un peu plus d’eau que nécessaire (c’est à dire presque jamais…), nous dessalons un peu nos vélos (une fois dans une mare verdâtre, et une autre fois à la fin a Uyuni). Notre monsieur mécanique a mal pour nos montures, le sel ça attaque. Les chaînes sont devenues rigides….

Le beau vélo Histoire.bike de Math plein de sel… ça fait mal au cœur.

Sur les salars, on perd toute notion de distance (celui de Uyuni fait Xx fois la taille de l’Isère !). Et même la boussole perd un peu le nord. Du coup, il faut régulièrement faire le point sur le cap à tenir et rectifier. On ne croisera que quelques voitures sur les 6 jours passés sur les 2 salars (sauf sur l’île d’Incahuasi qui est très touristique). On a l’impression de rouler sur la mer avec au loin véritables îles qui se détachent ou sur un immense glacier. Le soir il se teinte de rose comme peut le faire la neige. C est assez troublant…

Entre les 2 salars, il nous faut franchir la cordillère inter-Salar, qui est réputée assez délicate à cause des passages avec du sable notamment. Nous galèrerons effectivement pour rejoindre le village de Tres Cruces. Alors que nous cherchons de l’eau, un adorable monsieur nous en propose et inspecte en détail nos vélos. Il est très intrigué par nos cale- pieds… Nous trouvons même une  » tienda » où nous achetons 2 litres de coca que nous buvons presque intégralement assis à l’ombre devant le magasin. Les quelques personnes qui nous croisent nous disent tous : cansados ?? ( fatigués? ).

Sur les terrasses au dessus de ce village, ils commencent la culture du quinoa, ils le plantent en attendant les pluies de décembre et janvier. Tout à la main avec des bêches et dans le sable. Nous planterons notre tente entre les champs fraîchement semés.

Du sommet de l’île de Incahuasi, pleine de cactus… et de touristes

Au final, une belle expérience que ces 2 traversées de salars, mais pas aussi reposant qu’on l’avait imaginé ! Du coup, nous nous reposons 3-4 jours à Uyuni avant de se lancer dans un autre gros morceau : la traversée du Sud Lipez…

13 réflexions au sujet de « Parcs du nord Chili, et salars »

  1. Bravo, bravo, que c’est beau vu de mon fauteuil calée devant la cheminée….Comment la photo du parc d’isluga a-t-elle été prise (d’un hélico ? ou en copie ?). Et je me demandais aussi comment vous n’avez pas tourné en rond sur le salar d’Uyuni. Merci pour ce journal de bord. Amicalement..et on vous tire notre chapeau.
    Anne et Jean Paul Cros

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    1. La photo de notre baignoire d Isluga a ete prise avec le joujou de Manu…un drone!
      Sur le salar il faut avouer qu on a pas pris la trajectoire la plus directe car le telephone de Manu qui fait GPS perdait un peu la boule…mais on a exploré….
      Profitez bien du crépitement du feu de cheminee et à bientôt.
      Manu, Mathilde et Fànny

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  2. Bravo pour ces traversées des déserts toujours aussi beaux et merci pour de vos témoignages super vivants, on s’y croirait. Pour un peu on aurait soif et chaud aussi mais en fait ici l’été indien est fini, il pleut et la neige est à 200m, on a rallumé le chauffage… Hasta luego,
    La familia Vengeon

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  3. Bravo, les photos sont magnifiques et les commentaires excellents. J’adore les photos instagrams: des schtroumpfs qui sortent des sacoches et des bouches, vous avez frolé l’insolation!
    Sinon, c’est chouette vous avez trouvé le modèle pour votre future piscine.
    Bises, et n’oubliez pas de pédaler.
    Woody

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  4. Bravo,super,très beaux commentaires et photos magnifiques
    On pense très fort à vous et faites nous encore rêver
    😘😘😘
    Aimé & zouzounne

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  5. Là on touche au Grand Reportage! Attention Xharton y’a d ela belle concurrence!
    Quel périple! Merci pour toute la réalité de cette étape avec les extases et les galères aussi! Comme tu dis c’est aussi ça le voyage!
    Fanny si tu pouvais me ramener la tête de lit Monster High je suis preneur!
    Et franchement on fait tout un plat du sel de Guèrande, c’est un peu surfait tout ça! La Baleine ne va pas s’en remettre!
    Et ce nouveau concept de VTS (Vélo Tous Sels) et à déposé!

    Au fait Manu Rappelle moi ta base Process Com? Rêveur? Sans rire!

    Bises salées évidemment.

    Mattthéo

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